Cosmologie du cochonnet
2015-19

« La politique n’est pas une science, ne pourra jamais l’être, quelque nom qu’on lui donne et à quelque science que l’on se voue. C’est un art, ou plutôt des arts, ce qu’on appelle justement les arts politiques. Les arts par lesquels on cherche à composer progressivement le monde commun. Le monde commun est à composer, tout est là. » Manifeste compositioniste, Bruno Latour, lancement de l’École des Arts Politiques à Sciences Po Paris (SPEAP) 2010.

Notre prochain projet implique des scientifiques et des boulistes autour de la question suivante : Que peut-on raconter des corps célestes avec des boules de pétanque ?
Il s’agit d’abord de mettre en récit l’astronomie d’un point de vue scientifique pour un public profane. La vulgarisation passe souvent par une simplification : la traduction en « langage commun » de théories scientifiques complexes. Mais existe-t-il a priori un langage commun ou sommes nous déjà, en écoutant les communicants, dans un processus d’apprentissage de leur propre langage ?

Nous souhaitons travailler à l’écriture d’un récit contextualisé, traduisant les savoirs scientifiques comme le fruit de processus de découvertes et de vérifications inscrits dans un corps social organisé, avec ses mises en scène et ses outils. En d’autres termes, nous voulons repeupler l’astrophysique et raconter le processus vivant de la pensée et tout ce qu’il mobilise en terme d’actions lorsqu’il traduit un corps céleste en équation. L’écriture s’appuie sur une collaboration étroite avec des astrophysiciens : Jean Souchay, observatoire de Paris, Benoit Famey, observatoire de Strasbourg et l’incontournable Jean-Pierre Luminet, directeur de recherche au CNRS de Marseille.

En ce qui concerne la théâtralité de la pétanque et de l’astronomie, et plus précisément la dimension non-verbale du langage, nous prendrons appui sur les gestes et mimiques qui accompagnent les discours. Cette danse, minimale et quotidienne, témoigne du façonnage des corps par la vie et les milieux sociaux dans lesquels ils baignent. Si l’on est attentif aux détails, ces mouvements expriment les attachements et les façons de voir le monde plus finement que certains discours. Nous inspirant des protocoles d’improvisation expérimentés par Lisa Nelson, du travail chorégraphique des balls de vogging et en mobilisant le savoir de marionnettistes, nous souhaitons détourner et chorégraphier les gestuelles quotidiennes et techniques des joueurs de pétanque pour rendre sensible le mouvement des corps célestes.

Le théâtre se présente ici comme un espace de diplomatie sociale, un lieu où des mondes se rencontrent et où des alliances esthétiques et politiques inédites se jouent. C’est l’endroit où expérimenter pratiquement la rencontre entre des milieux tenus à distance par l’organisation de notre société, l’endroit où représenter ce qui se joue dans une rencontre et y trouver la source d’une nouvelle esthétique.

Scientific institutions such as laboratories and universities seem to develop the most complex and efficient factual materials on the physical world. Science is today’s principal reference on the questions of, for example: falling bodies and the movements of the stars. Scientific practices can be perceived as one of the last bastions of objectivity, all the while there remain significant social barriers between the scientific community and many other areas of society. People of modest means have little access to superior studies and are poorly represented in the scientific community. Women as well are almost entirely absent from laboratories. This weak representation of certain social groups seems problematic as it is fundamental – for the quality of the findings generated – to have scientists be confronted with the ideas and conceptions of people in social groups different from theirs.

Astronomy has the particularity that it brings together a large number of enlightened amateurs, allowing both scientists and non-scientists to come together on the question of understanding the stars. By analyzing the ways that knowledge circulates between amateurs and experts within this discipline could help to think of other ways of generating scientific understanding.

By throwing bowls, players of pétanque are experimenting with the displacement of bodies in space and the forces exerted when bodies collide. By means of friendly advice, discussions and precise technical gestures, practical and theoretical knowledge on the phenomena of physics are exchanged around bowling pitches. It may prove fruitful to put this way of elaborating ideas in perspective with the methods of generating scientific knowledge. Inversely, there is a good chance that by deepening the scientific knowledge of bowlers it will allow them to develop impressive new techniques.

«  The jack’s cosmology » is a project of social and theatrical experimentation bringing together researchers, astronomy enthusiasts and pétanque players to the create a piece of theatre. By exploring the theory of momentum and collisions this unusual group will look to explore the ways of constituting knowledge on the world that surrounds us.

The project is currently being researched, with a view to being produced in 2019.

PARTENAIRES / PARTNERS

Arcadi, TJP Centre dramatique national de Strasbourg, Lieux Publics centre national des arts de la rue à Marseille, Théâtre Berthelot, MICACO art et culture au collège, FSGT, Jardin des sciences de Strasbourg

PARTICIPANTS

Jean-Pierre Luminet (astrophysicien et poète, directeur de recherche au CNRS), Maryan Barthelemy (consultant sportif), Dylan Rocher (joueur de pétanque, champion du monde du tir de précision), Thierry Chollet et Patrice Caillet (médiateurs culturels du théâtre Berthelot de Montreuil), Nil Dinç (metteuse en scène), Henriette Morrison (chargée de production), Agathe Delaporte (administratrice), Béatrice Gaucherand (volontaire en service civique médiation culturelle), Alexandre Menexiadis (créateur sonore, Charlotte Arnaud (scénographe), les collégiens de Marais-de-Villiers.

 

08_09_2015_COSMO_SCHEMA2

 

08_09_2015_COSMO_SCHEMA3

« La politique n’est pas une science, ne pourra jamais l’être, quelque nom qu’on lui donne et à quelque science que l’on se voue. C’est un art, ou plutôt des arts, ce qu’on appelle justement les arts politiques. Les arts par lesquels on cherche à composer progressivement le monde commun. Le monde commun est à composer, tout est là. » Manifeste compositioniste, Bruno Latour, lancement de l’École des Arts Politiques à Sciences Po Paris (SPEAP) 2010.

Notre prochain projet implique des scientifiques et des boulistes autour de la question suivante : Que peut-on raconter des corps célestes avec des boules de pétanque ?
Il s’agit d’abord de mettre en récit l’astronomie d’un point de vue scientifique pour un public profane. La vulgarisation passe souvent par une simplification : la traduction en « langage commun » de théories scientifiques complexes. Mais existe-t-il a priori un langage commun ou sommes nous déjà, en écoutant les communicants, dans un processus d’apprentissage de leur propre langage ?

Nous souhaitons travailler à l’écriture d’un récit contextualisé, traduisant les savoirs scientifiques comme le fruit de processus de découvertes et de vérifications inscrits dans un corps social organisé, avec ses mises en scène et ses outils. En d’autres termes, nous voulons repeupler l’astrophysique et raconter le processus vivant de la pensée et tout ce qu’il mobilise en terme d’actions lorsqu’il traduit un corps céleste en équation. L’écriture s’appuie sur une collaboration étroite avec des astrophysiciens : Jean Souchay, observatoire de Paris, Benoit Famey, observatoire de Strasbourg et l’incontournable Jean-Pierre Luminet, directeur de recherche au CNRS de Marseille.

En ce qui concerne la théâtralité de la pétanque et de l’astronomie, et plus précisément la dimension non-verbale du langage, nous prendrons appui sur les gestes et mimiques qui accompagnent les discours. Cette danse, minimale et quotidienne, témoigne du façonnage des corps par la vie et les milieux sociaux dans lesquels ils baignent. Si l’on est attentif aux détails, ces mouvements expriment les attachements et les façons de voir le monde plus finement que certains discours. Nous inspirant des protocoles d’improvisation expérimentés par Lisa Nelson, du travail chorégraphique des balls de vogging et en mobilisant le savoir de marionnettistes, nous souhaitons détourner et chorégraphier les gestuelles quotidiennes et techniques des joueurs de pétanque pour rendre sensible le mouvement des corps célestes.

Le théâtre se présente ici comme un espace de diplomatie sociale, un lieu où des mondes se rencontrent et où des alliances esthétiques et politiques inédites se jouent. C’est l’endroit où expérimenter pratiquement la rencontre entre des milieux tenus à distance par l’organisation de notre société, l’endroit où représenter ce qui se joue dans une rencontre et y trouver la source d’une nouvelle esthétique.

Scientific institutions such as laboratories and universities seem to develop the most complex and efficient factual materials on the physical world. Science is today’s principal reference on the questions of, for example: falling bodies and the movements of the stars. Scientific practices can be perceived as one of the last bastions of objectivity, all the while there remain significant social barriers between the scientific community and many other areas of society. People of modest means have little access to superior studies and are poorly represented in the scientific community. Women as well are almost entirely absent from laboratories. This weak representation of certain social groups seems problematic as it is fundamental – for the quality of the findings generated – to have scientists be confronted with the ideas and conceptions of people in social groups different from theirs.

Astronomy has the particularity that it brings together a large number of enlightened amateurs, allowing both scientists and non-scientists to come together on the question of understanding the stars. By analyzing the ways that knowledge circulates between amateurs and experts within this discipline could help to think of other ways of generating scientific understanding.

By throwing bowls, players of pétanque are experimenting with the displacement of bodies in space and the forces exerted when bodies collide. By means of friendly advice, discussions and precise technical gestures, practical and theoretical knowledge on the phenomena of physics are exchanged around bowling pitches. It may prove fruitful to put this way of elaborating ideas in perspective with the methods of generating scientific knowledge. Inversely, there is a good chance that by deepening the scientific knowledge of bowlers it will allow them to develop impressive new techniques.

«  The jack’s cosmology » is a project of social and theatrical experimentation bringing together researchers, astronomy enthusiasts and pétanque players to the create a piece of theatre. By exploring the theory of momentum and collisions this unusual group will look to explore the ways of constituting knowledge on the world that surrounds us.

The project is currently being researched, with a view to being produced in 2019.

PARTENAIRES / PARTNERS

Arcadi, TJP Centre dramatique national de Strasbourg, Lieux Publics centre national des arts de la rue à Marseille, Théâtre Berthelot, MICACO art et culture au collège, FSGT, Jardin des sciences de Strasbourg

PARTICIPANTS

Jean-Pierre Luminet (astrophysicien et poète, directeur de recherche au CNRS), Maryan Barthelemy (consultant sportif), Dylan Rocher (joueur de pétanque, champion du monde du tir de précision), Thierry Chollet et Patrice Caillet (médiateurs culturels du théâtre Berthelot de Montreuil), Nil Dinç (metteuse en scène), Henriette Morrison (chargée de production), Agathe Delaporte (administratrice), Béatrice Gaucherand (volontaire en service civique médiation culturelle), Alexandre Menexiadis (créateur sonore, Charlotte Arnaud (scénographe), les collégiens de Marais-de-Villiers.

 

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