Rencontres de l’Écologie Populaire
2019 > ...

En octobre 2019, à l’invitation du Théâtre de la Poudrerie, le groupe d’artistes et de chercheurs GONGLE propose d’amorcer une enquête sur les savoirs populaires à Sevran, en particulier ceux qui pourraient être mobilisés pour une transition écologique. En effet, ça chauffe, c’est incontestable. Dans le contexte géologique inédit de l’anthropocène, les formes de représentations et d’organisations sont à renouveler. Et si les habitant·e·s des quartiers pouvaient nous donner des clefs pour vivre dans ce monde fragile ? C’est cette question que posent « Les rencontres de l’écologie populaire à Sevran », le 9 novembre 2019.

70 personnes se réunissent afin de cuisiner les légumes récupérés au marché et de glaner les récits et recettes de la débrouille. Un livret est édité. L’expérience est belle, il faut la poursuivre. Le Théâtre de la Poudrerie offre à GONGLE une  » résidence de recherche « , et une nouvelle rencontre est organisée à l’automne 2020 dans le cadre du festival des Rencontres du Théâtre de la Poudrerie.

La crise du COVID-19 surgit alors. Il devient évident d’aborder les questions liées au confinement et à ses conséquences à l’échelle des habitant·e·s de Sevran. Une nouvelle étape de l’enquête s’amorce, et l’équipe s’agrandit avec l’arrivée du consortium « Où atterrir ? » (constitué autour du livre éponyme de Bruno Latour) dans le projet. De nouveaux outils aussi, avec le questionnaire d’auto-description de Bruno Latour qui dit « Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré. » et qui propose à chacun de prendre le temps de penser aux transformations qui lui sembleraient souhaitables.

Le 3 octobre 2020, les habitant·e·s de Sevran font à nouveau à manger ensemble, avec des légumes qui ont poussé à Sevran, dans les jardins biologiques de l’association Aurore. Ils sont accompagnés de représentants de FORCCAST, programme de cartographie des controverses du médialab de Sciences-po, et de l’association Rougemont solidarité, qui connaît les secrets de la cuisine collective. Pendant le temps de cuisine, une vidéo est montée en direct. On y voit des mains, des visages et des légumes, et on y entend les propositions d’amplification de pratiques d’écologie populaire à Sevran. Un film sera tiré de cette expérience : Retour à l’Anormal ?

Un extrait de 15 minutes existe actuellement. Il a été transmis au consortium « Où atterrir ? » lors de l’événement qu’ils organisaient le 10 octobre, également dans le cadre des Rencontres du Théâtre de la Poudrerie. Il y était notamment proposé un « jeu de la boussole ». Les plats grandioses, ont été empaquetés et distribués en maraude par l’association Rougemont solidarité.

En 2021, le projet se poursuit à Sevran et sur le territoire rennais avec la coopérative culturelle CUESTA. La crise sanitaire enfante d’une nouvelle crise économique et les questions de subsistance sont encore plus vives.

 

In October 2019, in Sevran, at the invitation of Théâtre de la Pouderie, a group of GONGLE artists and researchers suggested launching an investigation into “common knowledge”, in particular knowledge which could be engaged for an ecological transition. The world is heating up, that’s undeniable. In the never before seen geological context of the Anthropocene, forms of representation and organisation need to be renewed. And what if neighbourhood residents could provide the key to living in a more fragile world? This was the question posed during the « Les rencontres de l’écologie populaire à Sevran » (Sevran Common Knowledge Ecology Encounter) November 9th, 2019.

70 people got together to cook vegetables gathered at the market and share their stories, recipes and ingenuity. A book was produced. It was a beautiful experience, and one that we hope will continue. The Théâtre de la Poudrerie offered GONGLE a “research residency” and a new encounter was organised for the autumn of 2020 as part of the festival des Rencontres du Théâtre de la Poudrerie (Théâtre de la Poudrerie Encounters Festival).

Then the COVID-19 crisis struck. The need to address the issue of lockdown and its consequences for the residents of Sevran became clear. A new stage of the investigation began and the team expanded with the arrival of the “Où atterrir ?” consortium (formed around Bruno Latour’s book Down to Earth) to the project. They also brought new tools, including Bruno Latour’s self-description questionnaire, which states that “if everything is stopped, everything can be called into question, altered, selected, sorted, interrupted for good or, on the contrary, accelerated” and suggests that everyone takes time to think about what changes are desirable.

 On October 3rd 2020, the residents got together again to dine on vegetables that had been grown in Sevran, in the organic gardens of the Aurore Association. They were accompanied by representatives of FORCCAST, the “controversy mapping” programme at Sciences-po’s medialab, and by Rougemont Solidarité, an association which understands the secrets of communal cooking. While the food was being prepared, a live video was projected. In it the hands and faces of the participants, as well as the food they prepared, were shown and suggestions were heard as to how popular ecological practices could be promoted in Sevran. A film drawing on this experience will be made, entitled Retour à l’Anormal ? (Return to the Abnormal?).

A fifteen minute extract already exists. It was shown at the “Où atterrir?” consortium during an event on the 10th October, and was also part of the festival des Rencontres du Théâtre de la Poudrerie. One notable suggestion that came from this event was orienteering. Spectacular dishes were packaged and distributed by Rougemont Solidarité.

In 2021, the project will continue in Sevran and in the area around Rennes with the CUESTA cultural collective. The health crisis has given rise to a new economic disaster and questions surrounding people’s livelihoods are now more pressing than ever.

 

PARTICIPANT·E·S / PARTICIPANTS

Nil Dinç, (autrice, metteure en scène réalisatrice), Sarah Garlbarg (Scénographie, prises de vues extérieures, montage), Charlotte Arnaud (Scénographie), Erwan Quintin (Régie son et générale), Pierre Froment (Chef opérateur), Philippe Abeilhou (Montage en direct) ; Lucile Poiret (Graphiste, réalisation du schéma en direct), Maya Bostvironnois, Lucie Kervern et Thomas Avakian (Volontaires en service civique) ; Bureau Akompani (Production et administration).

Guidé·e·s par :
Cherifa Bounoua, Miriam Bennamour, Hadifa Benyahia, Rahima Cherigui, Monira Sultana Rulai, Mina Tantaoui (
Rougemont Solidarité)
Chefiha Gherram, Leila Mouhdi et Fatima Ternullo (Potentielles cités), Lamri Guenouche, et les maraîchers (jardins biologiques Aurore)Ibrahima Blade et Muriel Bekda (Darktraining Sevran), Hadoum Malki, Franck Misson, Sabrina Toulgoat, la maison de quartier Marcel Paul, Chamsi Douss, paysan sevranais et les habitant·e·s de la ville de Sevran.

 

PARTENAIRES / PARTNERS

Le Théâtre de la Poudrerie, le programme FORCCAST du médialab de Sciences Po, le consortium Où atterrir ?

En octobre 2019, à l’invitation du Théâtre de la Poudrerie, le groupe d’artistes et de chercheurs GONGLE propose d’amorcer une enquête sur les savoirs populaires à Sevran, en particulier ceux qui pourraient être mobilisés pour une transition écologique. En effet, ça chauffe, c’est incontestable. Dans le contexte géologique inédit de l’anthropocène, les formes de représentations et d’organisations sont à renouveler. Et si les habitant·e·s des quartiers pouvaient nous donner des clefs pour vivre dans ce monde fragile ? C’est cette question que posent « Les rencontres de l’écologie populaire à Sevran », le 9 novembre 2019.

70 personnes se réunissent afin de cuisiner les légumes récupérés au marché et de glaner les récits et recettes de la débrouille. Un livret est édité. L’expérience est belle, il faut la poursuivre. Le Théâtre de la Poudrerie offre à GONGLE une  » résidence de recherche « , et une nouvelle rencontre est organisée à l’automne 2020 dans le cadre du festival des Rencontres du Théâtre de la Poudrerie.

La crise du COVID-19 surgit alors. Il devient évident d’aborder les questions liées au confinement et à ses conséquences à l’échelle des habitant·e·s de Sevran. Une nouvelle étape de l’enquête s’amorce, et l’équipe s’agrandit avec l’arrivée du consortium « Où atterrir ? » (constitué autour du livre éponyme de Bruno Latour) dans le projet. De nouveaux outils aussi, avec le questionnaire d’auto-description de Bruno Latour qui dit « Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré. » et qui propose à chacun de prendre le temps de penser aux transformations qui lui sembleraient souhaitables.

Le 3 octobre 2020, les habitant·e·s de Sevran font à nouveau à manger ensemble, avec des légumes qui ont poussé à Sevran, dans les jardins biologiques de l’association Aurore. Ils sont accompagnés de représentants de FORCCAST, programme de cartographie des controverses du médialab de Sciences-po, et de l’association Rougemont solidarité, qui connaît les secrets de la cuisine collective. Pendant le temps de cuisine, une vidéo est montée en direct. On y voit des mains, des visages et des légumes, et on y entend les propositions d’amplification de pratiques d’écologie populaire à Sevran. Un film sera tiré de cette expérience : Retour à l’Anormal ?

Un extrait de 15 minutes existe actuellement. Il a été transmis au consortium « Où atterrir ? » lors de l’événement qu’ils organisaient le 10 octobre, également dans le cadre des Rencontres du Théâtre de la Poudrerie. Il y était notamment proposé un « jeu de la boussole ». Les plats grandioses, ont été empaquetés et distribués en maraude par l’association Rougemont solidarité.

En 2021, le projet se poursuit à Sevran et sur le territoire rennais avec la coopérative culturelle CUESTA. La crise sanitaire enfante d’une nouvelle crise économique et les questions de subsistance sont encore plus vives.

 

In October 2019, in Sevran, at the invitation of Théâtre de la Pouderie, a group of GONGLE artists and researchers suggested launching an investigation into “common knowledge”, in particular knowledge which could be engaged for an ecological transition. The world is heating up, that’s undeniable. In the never before seen geological context of the Anthropocene, forms of representation and organisation need to be renewed. And what if neighbourhood residents could provide the key to living in a more fragile world? This was the question posed during the « Les rencontres de l’écologie populaire à Sevran » (Sevran Common Knowledge Ecology Encounter) November 9th, 2019.

70 people got together to cook vegetables gathered at the market and share their stories, recipes and ingenuity. A book was produced. It was a beautiful experience, and one that we hope will continue. The Théâtre de la Poudrerie offered GONGLE a “research residency” and a new encounter was organised for the autumn of 2020 as part of the festival des Rencontres du Théâtre de la Poudrerie (Théâtre de la Poudrerie Encounters Festival).

Then the COVID-19 crisis struck. The need to address the issue of lockdown and its consequences for the residents of Sevran became clear. A new stage of the investigation began and the team expanded with the arrival of the “Où atterrir ?” consortium (formed around Bruno Latour’s book Down to Earth) to the project. They also brought new tools, including Bruno Latour’s self-description questionnaire, which states that “if everything is stopped, everything can be called into question, altered, selected, sorted, interrupted for good or, on the contrary, accelerated” and suggests that everyone takes time to think about what changes are desirable.

 On October 3rd 2020, the residents got together again to dine on vegetables that had been grown in Sevran, in the organic gardens of the Aurore Association. They were accompanied by representatives of FORCCAST, the “controversy mapping” programme at Sciences-po’s medialab, and by Rougemont Solidarité, an association which understands the secrets of communal cooking. While the food was being prepared, a live video was projected. In it the hands and faces of the participants, as well as the food they prepared, were shown and suggestions were heard as to how popular ecological practices could be promoted in Sevran. A film drawing on this experience will be made, entitled Retour à l’Anormal ? (Return to the Abnormal?).

A fifteen minute extract already exists. It was shown at the “Où atterrir?” consortium during an event on the 10th October, and was also part of the festival des Rencontres du Théâtre de la Poudrerie. One notable suggestion that came from this event was orienteering. Spectacular dishes were packaged and distributed by Rougemont Solidarité.

In 2021, the project will continue in Sevran and in the area around Rennes with the CUESTA cultural collective. The health crisis has given rise to a new economic disaster and questions surrounding people’s livelihoods are now more pressing than ever.

 

PARTICIPANT·E·S / PARTICIPANTS

Nil Dinç, (autrice, metteure en scène réalisatrice), Sarah Garlbarg (Scénographie, prises de vues extérieures, montage), Charlotte Arnaud (Scénographie), Erwan Quintin (Régie son et générale), Pierre Froment (Chef opérateur), Philippe Abeilhou (Montage en direct) ; Lucile Poiret (Graphiste, réalisation du schéma en direct), Maya Bostvironnois, Lucie Kervern et Thomas Avakian (Volontaires en service civique) ; Bureau Akompani (Production et administration).

Guidé·e·s par :
Cherifa Bounoua, Miriam Bennamour, Hadifa Benyahia, Rahima Cherigui, Monira Sultana Rulai, Mina Tantaoui (
Rougemont Solidarité)
Chefiha Gherram, Leila Mouhdi et Fatima Ternullo (Potentielles cités), Lamri Guenouche, et les maraîchers (jardins biologiques Aurore)Ibrahima Blade et Muriel Bekda (Darktraining Sevran), Hadoum Malki, Franck Misson, Sabrina Toulgoat, la maison de quartier Marcel Paul, Chamsi Douss, paysan sevranais et les habitant·e·s de la ville de Sevran.

 

PARTENAIRES / PARTNERS

Le Théâtre de la Poudrerie, le programme FORCCAST du médialab de Sciences Po, le consortium Où atterrir ?